La Seyne sur Mer

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Du « droit » de colonisation ?

mardi 12 novembre 2019, par René Merle

Un texte de Diderot

Le texte est publié dans Guillaume-Thomas Raynal, Révolution de l’Amérique, L.Davis, Londres, 1781, livre VIII, chapitre I.

« Une contrée déserte et inhabitée est le seule qu’on puisse s’approprier. La première découverte bien constatée fut une prise de possession légitime.
D’après ces principes, qui me paraissent d’éternelle vérité, que les nations européennes se jugent et se donnent à elles-mêmes le nom qu’elle méritent. Les navigateurs arrivent-ils dans une région du Nouveau Monde qui n’est occupée par aucun peuple de l’Ancien, aussitôt ils enfouissent une petite lame de métal sur laquelle ils ont gravé ces mots : « CETTE CONTRÉE NOUS APPARTIENT ». Et pourquoi vous appartient-elle ? N’êtes-vous pas aussi injustes, aussi insensés que des sauvages portés par hasard sur vos côtes s’ils écrivaient sur le sable de vos rivages ou sur l’écorce de vos arbres : « CE PAYS EST À NOUS » ? Vous n’avez aucun droit sur les productions insensibles et brutes de la terre où vous aborde, et vous vous en arrogez un sur l’homme votre semblable. Au lieu de reconnaître dans cet homme un frère, vous n’y voyez qu’un esclave, une bête de somme. O mes concitoyens ! vous pensez ainsi, vous en usez de cette manière ; et vous avez des notions de justice, une morale, une religion sainte, une mère commune avec ceux que vous traitez si tyranniquement. »

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