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Premier congrès international antifasciste - Berlin 1929

samedi 25 janvier 2020, par René Merle

Quand la IIIe Internationale combattait le fascisme… et la social démocratie

Les lecteurs de mon ancien blog connaissent cet article, qu’il me paraît intéressant, comme il m’arrive de la faire pour d’anciens articles, de le faire connaître aux nouveaux lecteurs de ce site.
Voici donc, en document, le compte-rendu du premier Congrès international antifasciste de Berlin, paru dans le quotidien communiste l’Humanité.

L’Humanité (10 mars 1929) publie sous le titre :
"A Berlin [1]s’est ouvert hier le premier congrès international antifasciste ce premier article qui concrétise un moment décisif dans la lutte du pionnier antifasciste que fut Barbusse [1873-1935].
« Que monte le cri des foules prolétariennes contre les régimes de sang ! » (Extrait du discours inaugural d’Henri Barbusse)
 [2]

« (De notre envoyé spécial)
Berlin, 9 mars 1929. « Nous sommes venus ici de tous les coins du monde ». Ainsi Barbusse commence-t-il son émouvant appel aux centaines d’hommes et de femmes qui se pressent dans la grande salle de la Maison des Syndicats. Et, certes, ce premier congrès mondial antifasciste prend toute sa figure internationale quand on examine ces visages animés par le même feu et qui sont visages d’hommes de vingt peuples ou races différents venus pour dire la souffrance et la révolte des pays où l’on tue. Trois cents délégués encadrés et dominés par les drapeaux rouges de la Révolution internationale, trois cents hommes qui, gravement, se lèvent debout dans un silence imposant quand Barbusse parle des martyrs du combat antifasciste tombés sous les coups des massacreurs dans tous les pays. Puis, solennellement chantée dans toutes les langues, mais s’unissant dans le même rythme d’espoir, l’Internationale s’élève.
Entourés de délégués qui ont pris place au présidium, Barbusse va ouvrir la première séance du congrès et fera la synthèse émouvant de l’horreur fasciste dans le monde.
« Nous sommes venus de tous les coins du monde pour dresser un réquisitoire implacable contre le fascisme et pour organiser contre lui le combat international. Le fascisme ! Organisation créée par la peur et l’argent bourgeois et dirigée avant tout contre le prolétariat de tous les pays avec la complicité de tous les gouvernements. Le but avéré du fascisme ? Détruire par le meurtre et le pillage l’organisation de classe du prolétariat. Dans cette immense vague fasciste de tuerie et de massacre, les révolutionnaires, les communistes sont les premiers frappés. Ils ne sont pas les seuls, certes, mais c’est surtout contre le prolétariat que le fascisme tourne sa rage et c’est aussi le prolétariat qui se trouve contre lui à la pointe du combat. »
Et Barbusse déroule à grands traits devant le congrès la page d’histoire écrite en chair et en sang du fascisme à travers le monde. « Contre lui assez de plaintes et de cris de douleur. Que monte le grand cri des masses ouvrières appelant à la lutte. » Et Barbusse termine en lançant : « Qu’il me soit permis pour conclure d’adresser un salut au seul État sans fascisme, à celui qui a réalisé la révolution sociale, à l’U.R.S.S., État ouvrier et paysan, exemple pour tous les opprimés du monde. »
Georges ALTMAN [3]

Altman rend ensuite compte du déroulement du congrès, comme il le fera jusqu’à la fin des travaux.
« Des adresses, des télégrammes du monde entier sont lus à la tribune, apportant la solidarité de ceux qui n’ont pu venir, et voici maintenant que défilent à la tribune les premiers orateurs.
C’est d’abord l’écrivain allemand Manfried Georg [4].

"L’Humanité" ne donne pas de photographie du Congrès, et c’est curieusement "le Populaire" socialiste qui en donne une en première page (13 mars), en renvoyant en page 3 au texte (Je reviendrai sur cette réponse). L’image est de bien mauvaise qualité. La légende invite à reconnaître de gauche à droite (je respecte l’orthographe du journal) : "Siegffe Jacoby (Allemagne), Fan Noli, écrivain (Balkans), Henri Barbusse (France), Hertha Starrowa (Russie), Willi Muenzenberg (Berln), Alfons Paquet (Francfort), et l’orateur Manfred George (Berlin)". Il s’agit donc du début du Congrès. On remarquera que plusieurs de ces participants, cautions intellectuelles et journalistiques, ne sont pas cités dans l’article de l’Humanité, qui ne pouvait pas tout citer à chaud !.

"Puis résonne l’âpre parole du camarade Middleton, qui nous dit la grande marche de chômeurs anglais sur Londres. Avec une vigueur enflammée, il montre comment la bourgeoisie anglaise n’hésite pas à employer contre le prolétariat les méthodes fascistes. Le bill antisyndical est fait justement pour briser la résistance ouvrière en cas d’une guerre que l’impérialisme anglais, comme les autres, prépare fiévreusement. La classe ouvrière anglaise a brisé les tentatives d’instaurer le fascisme en Angleterre, elle brisera quand il le faudra, la colonne vertébrale de l’impérialisme [5]

Le comte Michel Karoli [6] vient montrer ensuite le caractère féodal du fascisme hongrois « succursale du fascisme italien » et servant à Mussolini dans sa préparation à la guerre [7]. Lutter contre le fascisme c’est lutter pour la paix du monde.
Puis, devant la salle frémissante à leur récit, deux délégués tchécoslovaques décrivent la répression féroce du fascisme gouvernemental et des organisations militaires contre les travailleurs. Ce sont un ouvrier et une paysanne de ce pays qui, tous deux ont été témoins des violences fascistes. Sur leur visage on lit la trace terrible des journées cruelles qu’ils subirent, et la révolte tremble dans leur voix quand ils évoquent les scènes d’horreur [8]
Après eux, voici le camarade Velti, du parti communiste de Suisse [9], qui va montrer avec force le nœud d’intrigues fascistes que représente la Suisse, grâce à la faiblesse honteuse et complice du gouvernement fédéral. La Suisse est le pays où l’on a tué notre camarade Worowski [10]. La Suisse est un centre d’activité fasciste internationale et la passivité des socialdémocrates de ce pays a permis à certaines organisations fascistes de se créer et de se développer librement. Devant cette activité la bourgeoisie suisse reste dans une inertie bienveillante. Et l’interdiction de la manifestation antifasciste projetée dans le Tessin [11] est une preuve évidente de cette faveur [12] ! Et seul contre le fascisme, le parti communiste appelle en Suisse les travailleurs à se dresser et à lutter pratiquement.

La social-démocratie ouvre le chemin au fascisme :
Avec notre camarade Fritz Heckert, député au Reischstag et militant très connu dans la mouvement ouvrier d’Allemagne, c’est le rôle honteux de la social-démocratie dans tous les pays, qui est vigoureusement mis à nu. Avec une précision implacable, le camarade Heckert montre comment dans le monde entier les socialdémocrates ouvrent le chemin au fascisme et le soutiennent. Des huées saluent le nom du social-démocrate Noske, massacreur d’ouvriers [13]. de Pilsudsky, dirigeant du fascisme en Pologne et animateur du P.S.P. [14], des syndicalistes réformistes vendus au fascisme en Italie, des socialistes en Grèce et en Yougoslavie, acceptant les coups d’État fascistes, Paul-Boncour [15] nommant la Pologne « le rempart de la civilisation contre le barbarie » [16] autant de preuves du rôle complice de la social-démocratie dans le développement du fascisme. « Voilà, n’est-ce pas, camarades – s’écrie Heckert – une galerie de social-démocrates et réformistes assez suggestive ? » Aussi conclut-il : « La lutte contre le fascisme c’est aussi la lutte contre la deuxième Internationale [17] qui collabore à la préparation de la guerre de l’impérialisme mondial et qui ouvre le chemin au fascisme. »
Quand Heckert a terminé, la délégation italienne [18] entonne « Bandiera rossa » que toute la salle reprend bientôt.

Puis, massés en groupes compacts, sous les mêmes vêtements gris et kaki [19], les camarades du Front rouge allemand scandent : « Pour la lutte armée du prolétariat contre le fascisme : Rot front, Rot front, front rouge ! »
Front rouge : l’uniforme du Roter Front-Kämpferbund, la milice du Parti communiste allemand."

Et la séance d’ouverture du premier congrès antifasciste ne pouvait mieux se terminer que sur ce cri mâle et symbolique de défense et de lutte révolutionnaire.

Le 11, Altman rend compte du grand meeting qui a suivi l’ouverture du Congrès.
« D’abord, des voix d’hommes et de femmes, un chant, un choral solennel [20]. Puis, salués d’acclamations, les uns après les autres, les orateurs et les camarades de tous les pays.
Pieck [21], clamant dans le grondement des mains qui battent et des pieds qui trépignent qu’il n’y a qu’un seul chemin pour vaincre le fascisme : la libération du monde par la révolution prolétarienne.

Münzenberg
Barbusse, que Münzenberg [22] présente à la foule soudain dressée, est salué par l’Internationale qui acclame en notre camarade le prolétariat communiste de France. Barbusse est acclamé à nouveau quand il lance, après son discours émouvant et documenté : « A bas le fascisme ! Vive la révolution mondiale ! ».

Des camarades du Secours rouge de Tchécoslovaquie, de Bulgarie, de Roumanie, de Yougoslavie, l’Albanais Fan Noli [23], affirmant aux prolétaires la confiance qu’ils mettent en eux pour délivrer le monde de l’horreur fasciste, sont acclamés frénétiquement.
Enfin, notre camarade Dorel, au nom des 500.000 ouvriers de la C.G.T.U. de France, vient rappeler que la classe ouvrière française a déjà su se dresser contre les fascistes en appliquant la devise : « Pour un œil, les deux yeux ! Pour une dent, toute la gueule !... » [24]
Münzenberg en une harangue véhémente, montre alors que le prolétariat ne doit faire aucune différence entre les fractions de la bourgeoisie fasciste, démocrate ou socialiste : « Honte aux socialdémocrates de tous les pays, lance-t-il, fourriers et soutiens du fascisme par leur trahison ! Contre eux notre combat doit être implacable ! »
Par trois fois, l’Internationale, immense, répond à cet appel pour la lutte révolutionnaire.
Notre délégation française, qui comprend 34 membres, communistes, sans parti, syndicalistes, ainsi que l’écrivain Léon Werth [25] et Francis Jourdain [26], a envoyé hier à la tribune du Congrès notre camarade Blache [27], délégué de la section française du Secours rouge.
Il montra le renforcement de la répression en France contre la classe ouvrière, l’activité du fascisme italien en France, les persécutions contre les ouvriers étrangers, les crimes des conseils de guerre contre les soldats.
Lorsqu’il cite le nom symbolique de Marty [28], le congrès applaudit. Blache lance : « Nous ferons appel aux larges masses révolutionnaires pour combattre et écraser le fascisme ! »
"Camarade, c’est pour toi que je suis en prison, ne l’oublie pas, ne m’oublie pas, adhère au Secours rouge international"

Revenant sur la séance d’hier, signalons l’intervention précise, vigoureuse de Guido Miglioli [29], analysant le développement du fascisme en son pays. Les délégués de tous les pays parlèrent ensuite : représentants des minorités nationales, des Balkans, des pays de terreur blanche et d’oppression féroce. Puis ce fut le remarquable discours du camarade italien Gennari [30], situant le fascisme du point de vue marxiste et révolutionnaire ; enfin, l’intervention de Ledebour. [Ex social démocrate allemand animant un groupe proche des communistes]]
Ainsi, comme le disait Barbusse au début du Congrès, le réquisitoire s’affirme, se précise, implacable et unanime.
Ce soir, le Congrès terminant ses travaux, étudiera les moyens de lutte contre le fascisme mondial.
Mais déjà la classe ouvrière du monde a compris que le seul moyen efficace était la lutte révolutionnaire dans tous les domaines pour le renversement de la bourgeoisie.
Georges Altman.

Le 13 mars, Altman continue, sous le titre : "Le sens prolétarien du Congrès de Berlin. Le fascisme ne peut être vaincu que par la lutte de classe du prolétariat contre le bourgeoisie."
Pour répondre aux mensonges, aux railleries ou aux « indignations » de la social-démocratie en son Vorwaertz ou autres feuilles, déniant au communisme le droit de s’occuper du fascisme (sic !), [31]qu’on s’imagine encore l’aspect émouvant de ces séances du Congrès mondial antifasciste qui vient de se clore !
Des ouvriers, des paysans, des intellectuels venus de vingt pays d’Europe occidentale, des Balkans et même arrivés les derniers, mais arrivés, ceux d’Amérique !
Les travailleurs révolutionnaires de partout, d’abord, ceux qui, sous le drapeau communiste, luttent au premier rang, avant-garde dans la bataille de classe et le sacrifice : les Italiens, les Bulgares, les Yougoslaves, les Hongrois, les Roumains, disent à voix frémissante le martyre des leurs et leur volonté de lutte implacable et précise contre leur bourgeoisie sanglante.
Avec eux, en ce congrès, des hommes politiques, des écrivains, des journalistes de différents partis mais qui qu’inclinent devant les combattants révolutionnaires, mais qui font confiance au prolétariat, comme Miglioli [32], comme Karoly [33], qui ne sont pas des nôtres, mais qui ont voulu élever leur voix contre l’horreur fasciste.
A côté de nous, en toutes les séances, participant aussi au travail de commission, voici, parmi les Français, Léon Werth (voir ce mot clé), l’âpre écrivain de Clavel soldat et de Cochinchine [34] ; photo ci-contre] ; Francis Jourdain [35], unanimement respecté, appuyant de leur présence et de leur sympathie l’œuvre du premier Congrès mondial antifasciste, fraternellement mêlés aux travailleurs de notre délégation.
Dans une atmosphère ardente, les dernières séances se déroulent ; silence tendu quand parlent les délégués, acclamations, rumeurs de fièvre et de discussions dans les couloirs, travail pour les commissions, comme celle qui doit élaborer la résolution de lutte prolétarienne antifasciste qui sera bientôt portée à la connaissance du monde ouvrier. Volonté unanime d’action efficace contre le fascisme, avant tout pour l’action révolutionnaire du prolétariat.
La commission politique du congrès : un grand nombre de délégués y participent, nos camarades interviennent. Daniel Renoult [36] fait adopter un amendement sur les minorités nationales et sur le régime d’oppression à forme fasciste que l’impérialisme français fait régner dans ses colonies [37]. Volonté unanime, disons nous, que tente en vain de troubler la misérable manœuvre de vagues « représentants » anarchistes antisoviétiques. [38]
Disons encore l’aspect des dernières séances de cette grandiose démonstration de lutte antifasciste. Aussi bien, à leur retour, les délégués expliqueront aux travailleurs le sens des résolutions et du travail du congrès, et l’Humanité en donnera ultérieurement l’analyse.
Ecoutons le camarade polonais dénonçant la terreur pilsudskiste, écoutons Lebedour qui n’aime non plus ni Noske ni Erhart, fumier [39] du fascisme, déclarant que seule la lutte armée du prolétariat peut abattre le fascisme ; écoutons Fan Noli, l’ancien président d’Albanie, exposer la terrible situation de son peuple [40]. Voici Stojanow [41] proclamant : « 20.000 ouvriers et paysans ont été chez nous assassinés » [le chiffre ne semble malheureusement pas exagéré. Au même moment, le Comité civique bulgare pour l’amnistie annonçait 25000 assassinats par les mouvements blancs et la police, et 110000 emprisonnés, dont beaucoup torturés].
Répression et fascisme en Lithuanie [sic], qu’analyse notre camarade Jean, en ce pays dont le gouvernement est à la solde de l’impérialisme anglais, dont la social-démocratie trahit, là comme ailleurs, les travailleurs en bataille.
Répression et « fascisme » gouvernemental et privé en France (Marty et les centaines d’emprisonnés, la garde mobile dans les grèves [emprisonné de 1919 à 1923, Marty venait à nouveau de l’être en 1927 pour antimilitarisme ; l’Humanité dénonce constamment l’usage de la violence policière contre les grévistes] : le camarade Blache en fait l’analyse précise, montrant aussi le rôle infâme de la social-démocratie en concluant : « Seul le prolétariat révolutionnaire, en France comme ailleurs, peut écraser le fascisme.
Patruscano, Gennari, Marcow, Hermann, Miglioli, Kajadjalew, Nicoletti, Gorkin [42], Volkow, parlant au nom des Roumains, des Italiens, des ouvriers d’Amérique, d’Autriche, de Bulgarie, d’Espagne, de Hollande, des travailleurs et intellectuels de Tchécoslovaquie.
Et l’on nomme enfin les différentes commissions qui vont aujourd’hui terminer leurs travaux : politique, droit d’asile, syndicale, minorités nationales [43], jeunes, amnistie, commission paysanne. L’on décide enfin de créer à Berlin un bureau et un centre international antifasciste.
Quelques paroles encore, des adresses de travailleurs russes de syndicats à qui l’on a refusé des passeports pour venir au congrès et qui affirment leur solidarité, et c’est enfin l’ovation saluant Barbusse qui va clore le congrès.
Debout à nouveau, les délégués chantent à voix frémissante l’Internationale ; la salle est bondée d’hommes et de femmes qui chantent, accompagnés par la voix de ceux qui sont dans les tribunes, et Barbusse lance l’appel final : « Camarades, le travail n’est pas fini, il commence… Que chaque organisation ouvrière se prépare à devenir une arme de guerre… Il ne suffit pas de se DEFENDRE contre le fascisme, il faut le VAINCRE et la lutte contre le fascisme s’appelle aussi la lutte pour la Révolution ! »

Je prolongerai cette présentation factuelle par une rapide réflexion sur les visions du fascisme et la stratégie antifasciste telles que Barbusse et les communistes de la IIIe Internationale les proposent alors.

Suite : Au lendemain du congrès antifasciste de 1929, perspectives

Notes

[1L’Allemagne apparaît alors comme le pays où les communistes sont les plus implantés. On remarquera que si le fascisme est dénoncé, le péril nazi n’apparaît pas encore majeur

[2Barbusse présidait le comité d’initiative du Congrès

[3Le jeune Georges Altman, né en 1901, était alors reporter et critique littéraire et cinématographique au quotidien communiste. Il participait également à la rédaction de l’hebdomadaire de Barbusse, Monde. Écarté du PC fin 1929 pour « non application de la ligne », Altman travaillera au Progrès de Lyon. Il sera responsable de Franc Tireur dans la Résistance

[4En fait, Manfred. Haute figure de la résistance démocratique allemande au fascisme, Manfred Georg, écrivain, journaliste engagé, sioniste, fut un des fondateurs du parti de gauche Republikanische Partei Deutschlands ; ancien combattant, gravement blessé, il militait dans l’association pacifiste des vétérans Friedensbund der Kriegsteilnehmer, ainsi qu’à la ligue allemande des droits de l’homme. Altman est vraiment court sur cette intervention d’un compagnon de route

[5James (Jim) Middleton, ouvrier imprimeur puis journaliste, était un dirigeant du Labour Party, pacifiste, admirateur de la jeune révolution soviétique

[6Le comte Mihály Károlyi présida quelques mois la République hongroise née en novembre 1918. Voir sur ce site

[7la Hongrie subit alors le régime dictatorial de l’amiral Horthy

[8Les communistes tchèques ne cessaient alors de dénoncer la répression anti-ouvrière du gouvernement de la jeune république, et considéraient son autoritaire président, Mazaryk, comme le responsable de la fascisation de l’État

[9L’avocat Franz Velti, figure charismatique du Parti socialiste, puis du Parti communiste suisse

[10En 1923 Vatzlav Worowski, délégué soviétique à la conférence de Lausanne, est assassiné par un Suisse d’origine russe, et, dans le climat d’anticommunisme exaspéré qui règne en Suisse, l’assassin sera acquitté

[11À Lugano, dans ce canton frontalier de l’Italie

[12Le PC suisse essaiera d’organiser la manifestation à Bâle, mais elle sera également interdite, et violemment réprimée

[13Le dirigeant social-démocrate Gustav Noske réprima les mutineries de Kiel en 1918 et écrasa dans le sang l’insurrection spartakiste de Berlin, en janvier 1919 ; il recruta les Corps francs qui assassinèrent sur son ordre Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Voir sur ce site

[14Parti socialiste polonais ; son régime nationaliste est devenu alors un régime autoritaire antisoviétique

[15Homme politique français, socialiste "indépendant", puis "républicain socialiste"

[16L’armée française avait participé du côté polonais, notamment avec De Gaulle, à la guerre contre la Russie soviétique. Les états nés du dépeçage de l’Autriche-Hongrie étaient considérés par la France et la Grande Bretagne comme une barrière contre la propagation du communisme soviétique

[17Internationale socialiste

[18Forte délégation d’antifascistes en exil

[19L’uniforme des jeunes milices de combat communistes, qui combattaient les groupes de combat nazis, eux aussi en uniforme...

[20Les solennités spectaculaires du Parti communiste allemand, que reprennent en violente opposition les solennités nazies

[21Dirigeant communiste allemand ; il sera président de la RDA

[22cadre communiste allemand de la IIIe Internationale, le maître d’œuvre du congrès et pour cela dénoncé par l’Internationale ouvrière socialiste. Cf : photo ci-dessous

[23Ecclésiastique nationaliste, anciennement social-démocrate, allié des communistes, éphémère Président renversé par un coup d’État de droite en 1924 ; photo ci-contre] – dénonçant lui aussi le fascisme dans son pays – l’ancien député italien Maglioni[[Animateur de comités antifascistes d’Italiens en exil

[24Devant l’agitation des Ligues françaises et des premiers groupuscules fascistes français, qui essayaient de tenir le pavé, et l’intrusion des commandos fascistes italiens dans les zones françaises d’immigration antifasciste, la rude formule reprise par l’Internationale de la loi du Talion n’était pas seulement rhétorique !

[25Voir ce mot clé

[26Artiste, décorateur moderniste reconnu, homme de lettres proche du PC ; en 1927, il fonde avec Barbusse l’association Les Amis de l’U.R.S.S.

[27Militant communiste

[28les Mutins de la Mer noire !

[29Catholique, défenseur de la petite paysannerie, expulsé du Parti populaire en 1924 à cause de ses positions de classe

[30Responsable socialiste passé au communisme

[31Le "sic" est de Altman ; je reviendrai sur ce point

[32Voir plus haut

[33Voir plus haut

[34romancier, libertaire, pacifiste, courageusement anticolonialiste

[35Voir plus haut

[36Dirigeant communiste français

[37"Minorités nationales" : la question est brûlante dans l’Europe réorganisée par le Traité de Versailles. En France, le PC considère l’Alsace Lorraine ex allemande comme une minorité nationale devant jouir du droit à l’autodétermination

[38On le voit, la IIIe Internationale verrouille le congrès

[39À lire sans doute "fourrier" ?

[40Voir plus haut

[41Bulgare

[42Ardent communiste espagnol, " révolutionnaire professionnel", Julián Gorkin rompra avec l’URSS fin 1929 et sera un des leaders du POUM

[43Voir plus haut

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