Victor Hugo, « Bêtise de la guerre », L’Année terrible, 1872.
Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraînes l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
À quoi sers-tu, géante, à (…)
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XIXe siècle (jusqu’en 1914) - Auteurs
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Hugo, la bêtise de la guerre
20 mars, par René Merle -
Mallarmé, le livre et le cinéma
11 mars, par René MerleDans le Mercure de France, janvier 1898, Mallarmé répondait ironiquement (?) à l’Enquête sur le roman illustré par la photographie :
« Je suis pour — aucune illustration, tout ce qu’évoque un livre devant se passer dans l’esprit du lecteur : mais, si vous remplacez la photographie, que n’allez-vous droit au cinématographe, dont le déroulement remplacera, images et texte, maint volume, avantageusement. »
Que dirait-il aujourd’hui ? Sans doute la même chose, et plus encore.
Beau sujet de (…) -
Victor Hugo meurtri mais au-dessus de la mêlée
4 mars, par René MerleEn juin 1848, avec son unité de la Garde Nationale, le député (modéré) participe sans états d’âme semble-t-il, au combat contre l’insurrection populaire, et ne semble guère ému de la terrible répression. Hugo aux barricades, juin 1848 C’est un tout autre homme que nous retrouvons en 1871. À peine rentré d’exil après la chute de l’Empire, le vieil Hugo vit le terrible siège de Paris par les Prussiens, puis les débuts de la Commune de Paris. Le 18 mars, les insurgés ouvrent leurs barricades (…)
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Tyrannie, Hugo
20 janvier, par René MerlePar les tristes temps qui courent, me revient l’entame de cette « Tyrannie », que dénonçait le vieil Hugo [1] :
Tyrannie ! escalier qui dans le mal descend !
Obscur, vertigineux, fatal, croulant, glissant !
Toutes les marches vont décroissant de lumière ;
Et malheur à qui met le pied sur la première !
C’est la spirale infâme et traître aboutissant
À l’ombre, et vous teignant les semelles de sang. -
Françoise Mélonio, "Tocqueville"
22 décembre 2025, par René MerleCet article a d’abord été publié sur le site de l’Association 1851. http://www.1851.fr
Je viens de lire avec grand intérêt et grand plaisir le tout récent ouvrage de l’éminente historienne (et adhérente de notre Association) Françoise Mélonio : Tocqueville, (NRF biographies Gallimard, 2025). Une biographie de plus, me direz-vous. À quoi bon ? Les biographies de Tocqueville, père du libéralisme politique, abondent dans les bibliothèques et sur Internet. On croit savoir tout de cet enfant (…) -
Nerval, "Le point noir"
17 novembre 2025, par René MerleQuiconque a regardé le soleil fixement
Croit voir devant ses yeux voler obstinément
Autour de lui, dans l’air, une tache livide.
Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,
Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux :
Un point noir est resté dans mon regard avide.
Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,
Partout, sur quelque endroit que s’arrête mon oeil,
Je la vois se poser aussi, la tache noire !
Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le bonheur !
Oh ! c’est que (…) -
Nerval, une allée au Luxembourg
14 novembre 2025, par René MerleJ’ai souvent évoqué Nerval sur ce site.
Voici de lui une pièce gracieuse et mélancolique, douce à lire en ce triste changement de saison.
UNE ALLÉE AU LUXEMBOURG
Elle a passé, la jeune fille.
Vive et preste comme un oiseau :
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.
C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait ;
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclairerait !
Mais non, — ma jeunesse est finie…
Adieu, doux rayon (…) -
Jules Vallès et les Livres bleus
30 octobre 2025, par René MerleJ’ai déjà évoqué dans l’article Jules Vallès et Balzac, à propos de Balzac, cette recension de la littérature contemporaine que donna Jules Vallès, dans Figaro du 9 octobre 1862. Voici ce qu’il écrit des Livres bleus, ces petits ouvrages sans prétention, mais à grande diffusion populaire : Que pourrait-on en dire aujourd’hui, alors que même la littérature dite de gare s’oublie devant les délices de l’écran… Qui lit encore ces romans de gare à quatre sous mal fagotés, dont la mode nous vint (…)
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Baudelaire sur la génération romantique
22 octobre 2025, par René MerleDans l’article "Théophile Gautier", paru dans L’Artiste, onzième livraison, 13 mars 1859, Baudelaire présente ainsi la littérature de la génération précédente :
« Tout écrivain français, ardent pour la gloire de son pays, ne peut pas, sans fierté et sans regrets, reporter ses regards vers cette époque de crise féconde où la littérature romantique s’épanouissait avec tant de vigueur. Chateaubriand, toujours plein de force, mais comme couché à l’horizon, semblait un Athos qui contemple (…) -
Balzac sur Stendhal
14 octobre 2025, par René MerleLa Revue parisienne est l’éphémère revue créée par Balzac (désormais affublé d’une particule) et par Armand Dutacq, directeur du Siècle, en 1840. Dans son dernier numéro (25 septembre 1840), Balzac donne un important article sur Stendhal. Mais ce n’est qu’après une longue entame [1] que Balzac commence à s’exprimer sur Stendhal. L’entame se termine ainsi ; "La Chartreuse de Parme, est dans notre époque et jusqu’à présent, le chef d’œuvre de la littérature à idées."
Et voici la suite
La (…)