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Triste vie que la vie politique française

mardi 18 juin 2019, par René Merle

Du piège de la démocratie communale

Triste vie que la vie politique française, dont l’horizon sans cesse reculé est celui des élections où chacun essaiera de garder son pouvoir, grand ou petit, ou essaiera de la conquérir, antagonismes répétitifs qui laissent indifférents une part notable des citoyens, réfugiés dans l’abstention.
Nous sortons à peine des élections européennes, que le pouvoir classé second se vante d’avoir gagnées, après avoir proclamé urbi et orbi qu’il devait impérativement arriver premier. Contorsion qui serait comique si elle ne portait un discrédit de plus à la vie politique, discrédit que lui porte également la catastrophique entrée au Parlement européen de la tête de liste présentée comme une spécialiste émérite incontournable… Grosse erreur de casting ? Voire…
Mais la page est déjà tournée, comme tant d’autres, et en particulier celle de cet interminable Grand Débat qui devait accoucher de l’Acte II du quinquennat. La montagne a accouché d’une souris, et les sondages nous indiquent que 70 à 80 % des Français renvoient cet Acte II à son insignifiance.
Mais voici que le monde politique ne bruisse plus que des élection municipales, qui vont nous tenir en haleine jusqu’en mars 2020. Savants dosages politiques et sociologiques, rivalités de grands et petits chefs, féodalités inébranlables et forteresses fragiles, la composition des listes dans les villes grandes et petites va se nourrir de démarches matoises, de coups fourrés, de racolages discrets ou fracassants, pendant que dans les petites communes il sera bien difficile de trouver de quoi composer une liste, tant les citoyens ne se bousculent pas pour occuper une fonction où, compte tenu des responsabilités des édiles, il y a plus à perdre qu’à gagner.
Les élections municipales, nous dit-on, sont des élections de proximité, et ce sont sans doute celles qui concernent le plus les citoyens.
Mais peut-être, au-delà des alléchants programmes électoraux, ces citoyens ignorent-ils que les décisions prises dans cette « proximité » sont bien souvent, pour ne pas dire la plupart du temps, le fait de professionnels non élus : les hauts cadres municipaux administratifs d’abord, et, de plus en plus, les « experts » extérieurs et autres sociétés conseils, auxquels sont déléguées par des élus peu formés ou vite débordés les fonctions d’études et de propositions, qui deviennent bien vite des réalisations. Ce déplacement de la décision communale vers la prégnance du secteur privé n’est pas un des moindres dangers qui pèsent sur la vie démocratique de nos communes.

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