La Seyne sur Mer

Site de René Merle, historien et écrivain.


Articles récents

  • Non-contemporain

    6 juin, par René Merle

    En 1935, Ernst Bloch proposa le concept de non-contemporanéité. « Tous ne sont pas présents dans le même temps… Des temps plus anciens que ceux d’aujourd’hui continuent à vivre dans des conditions plus anciennes. »
    En mes dernières années, je comprends encore mieux [1] ce qu’il voulait signifier.
    Ce qui m’amène à suspendre mes doigts sur le clavier, dans la conscience que ce site n’a pas été inutile, mais qu’il a fonctionné sur un logiciel de plus en plus révolu.
    Merci aux fidèles lectrices et (...)

  • De l’individu dans la société du capitalisme avancé

    5 juin, par René Merle

    Je m’en voudrais de ne pas vous laisser réfléchir à ce passage de Costanzo Preve, dans sa Nouvelle histoire alternative de la philosophie, Perspectives libres, 2017, traduit par Yves Branca :
    « L’individu produit par le capitalisme avancé se caractérise en effet par une synthèse instable d’omnipotence abstraite et d’impuissance concrète. Omnipotence abstraite, parce que nous vivons, en théorie, dans une société d’individus souverains dont les libres choix déterminent la forme politique et les liens (...)

  • Violences juvéniles urbaines mea culpa

    4 juin, par René Merle

    Allons bon, j’aurais dû tourner ma main sept fois sur le clavier avant d’écrire ce billet : Violences juvéniles urbaines. J’avais tout faux. En effet, j’ai écouté le chœur des responsables LFI et j’ai compris que tout cela était la faute de la police, d’abord parce qu’elle était massivement présente, et donc provocatrice, alors qu’il suffisait de laisser les supporters dans leur liesse, ensuite parce qu’elle a malmené de sympathiques jeunes gens qui ne faisaient que manifester leur joie… Bon, soyons (...)

  • Rue Saint-Vincent

    2 juin, par René Merle

    Rue Saint-Vincent, par Steinlen.
    On peut toujours ironiser sur le fait qu’Aristide Bruant ait bâti sa fortune de châtelain en chantant, dans sa langue, un petit peuple parisien aujourd’hui disparu.
    Il n’importe.
    Marc Ogeret chante ici Rue Saint Vincent (la Rose Blanche) :
    https://youtu.be/yCwhBbzUHL4?si=MEaX3dKiTNlm487B

  • Violences juvéniles urbaines

    1er juin, par René Merle

    Un rapide mot à chaud (c’est l’occasion de le dire !) sur les violences juvéniles qui ont accompagné la victoire du PSG ;
    Le RN a de quoi se réjouir, les émeutiers lui ont sans doute apporté pas mal de voix nouvelles.
    Naturellement, sociologues, politologues et politiques ne vont pas manquer d’apporter leur lot d’explications, quand, du côté de la gauche radicale ne manqueront pas les justifications, alors que du côté de la droite on pointera les conséquences de l’immigration…
    On peut trouver toutes les (...)

  • Historiens du présent ?

    1er juin, par René Merle

    À propos de l’Historien et de sa vision du présent
    La tâche de l’historien est de connaître ce qui s’est passé et d’approfondir sans cesse cette connaissance, en essayant, dans des circonstances données, de comprendre les motivations des acteurs, (ce qui n’est en rien les approuver).
    Par définition l’historien ne serait donc pas un homme du présent.
    Mais on dit souvent, à juste titre, que l’on ne peut comprendre le présent sans comprendre le passé d’où il naît.
    L’historien, par définition homme du passé, (...)

  • Le fascisme à nos portes ?

    25 mai, par René Merle

    Un ami m’a dit : « Ton site vire à la guimauve. Qu’est-ce que tu viens nous bassiner avec le musette, alors que le fascisme est à nos portes ! ». J’entends bien, mais en fait de quel fascisme s’agit-il ? Je venais justement de lire ce très intéressant article de mon vieil ami Jean-Paul Damaggio : https://viedelabrochure.canalblog.com/2026/05/le-pcf-l-extreme-droite-et-le-fascisme.html Jean-Paul évoque ici Pasolini, ce qui me renvoie à un article déjà ancien de Denis Collin, « Éloge de Pier Paolo (...)

  • Du choix "démocratique"

    23 mai, par René Merle

    Vu mon âge (et ceux de ma génération doivent comprendre ce qui suit), je suis perplexe devant le sort à venir de cette accumulation de livres et d’archives, qui en quelque sorte reflètent l’itinéraire d’une vie. Mais chaque chose en son temps. En essayant de faire un tri (un de plus), et en commençant par le sommet de la pile, donc le plus récent chronologiquement, je suis tombé sur l’enveloppe électorale me présentant programmes et candidats pour le scrutin municipal de 2026 Je me suis souvenu d’avoir (...)

  • Mon amant de Saint-Jean

    21 mai, par René Merle

    On parle beaucoup, et en mal, de Patrick Bruel ces temps-ci. Je me garderai de donner des leçons de morale, mais je dirai seulement que je n’ai jamais aimé, musicalement, le Bruel de la Bruelmania d’antan. Et je lui en veux surtout d’avoir massacré une des plus belles chansons musette de notre répertoire : Mon amant de St-Jean. Quel que soit le mépris actuel pour le musette, dont le nom vient de la cornemuse auvergnate qui fit danser le Paris populaire avant que l’accordéon italien de la Belle (...)

  • N’oublions pas Maurras

    20 mai, par René Merle

    Depuis longtemps notre bonne vieille Droite, et plus récemment notre si civilisé Rassemblement national, ont proclamé avoir lavé leur linge sale : « Nous antisémites ? Jamais ! Nous judéophobes ? Jamais ! ». Et des représentants éminents du judaïsme français, au CRIF, de leur faire entièrement crédit. Et Maître Klarsfeld d’affirmer qu’il préfère voter RN que LFI décidément décrétée antisémite. En fait, pour beaucoup d’antisémites de longue date, du moment qu’Israël tape sur des Arabes, comment ne pas le féliciter (...)

  • Pour prendre la mesure du temps qui passe, "Ma môme"...

    19 mai, par René Merle

    La vieillesse se meuble de souvenirs. En feuilletant mes archives, je suis retombé sur ce très ancien article, que je vous redonne donc.
    Paroles : Pierre Frachet, musique : Jean Ferrat - 1960 - La vidéo reprend des extraits du beau film désespéré et prémonitoire de Jean-Luc Godard, Vivre sa vie, (1962) avec Anna Karina. Ferrat y est l’homme au juke-box.
    Voici une chanson que j’ai découverte dans ma jeunesse, en 1960, comme un parfum d’innocence prolétarienne déjà en perdition dans le Paris (...)

  • À propos du Roman national

    18 mai, par René Merle

    Cf. : Le poids des morts
    On nous bassine avec le regretté Roman national, base de l’intégration et de l’endoctrinement patriotique et quelque peu nationaliste sous la Troisième République, que l’Éducation nationale aurait abandonné, laissant les écoliers dans un méli-mélo fortement illustré où ils ne trouvent plus guère le sentiment, et encore moins la fierté d’être Français. C’est notamment la chanson du RN. Dans ce registre, signalons l’amateurisme dangereux auto-historiens trop souvent médiatisés, à la (...)

  • le temps des cerises

    17 mai, par René Merle

    En cet anniversaire de la Semaine sanglante [1] :
    https://youtu.be/H2KkALOiS1I?si=grCP2fAD87wQDwE3
    Cf. : Jean Baptiste Clément et la Commune

  • Le poids des morts

    16 mai, par René Merle

    Les classes populaires, mais pas seulement elles, ont perdu la capacité de se représenter le présent en tant qu’histoire, (si tant est qu’elles l’aient jamais possédée). Marx disait que « la révolution du XIX° siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet », et il dirait sans doute que les révolutionnaires d’aujourd’hui doivent laisser les morts enterrer leurs morts, pour mieux faire aboutir les luttes présentes. Point n’est besoin, (comme le firent les Montagnards de (...)

  • Reims, le 4 décembre 1851

    15 mai, par René Merle

    Une étude sur le lendemain du coup d’État, en souvenir d’une ville où j’ai vécu et travaillé, et dont mon épouse est originaire :
    https://1851.fr/reims/

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