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Caballo viejo

lundi 24 février 2020, par René Merle

Je sais, je sais, je vous l’ai sortie dans tous mes blogs précédents. Je l’avais aussi donnée au début de ce site, mais la vidéo qui l’illustrait a été désactivée. Alors, un texte sans musique...
Je la redonne donc ici, tout simplement parce qu’elle me plaît.
Et pour ceux qui ne la connaîtraient pas, voici Caballo viejo, (le vieux cheval), dont Internet regorge de versions, de videos et de traductions (j’en risque la mienne, pour le vocal seulement), tant la célèbre chanson vénézuelienne a d’interprètes et d’amateurs de par le monde.
N’y voyez pourtant pas une référence à Chávez, qui aimait dire : "Yo soy un caballo viejo". Simplement le plaisir : des paroles qui sont un hymne à la vie, une musique qui ferait danser le plus névrosé des névrosés (à tout le moins ceux de ma génération, pour les jeunes, je ne sais pas).
La musique [1980] est du populaire auteur Simón Díaz Márquez [1928], qui s’est inspiré pour les paroles du poète du "Llano" venezuelien Angel Eduardo Acevedo. ("Llano : la grande plaine herbeuse).
Acevedo

Cuando el amor llega así de esta manera,
uno no se da ni cuenta,
el carutal reverdece y guamachito florece
y la soga se revienta
.

Quand l’amour survient ainsi / on ne s’en rend même pas compte, / le "carutal" (collectif pour l’ensemble des "carutos", arbres du llano) reverdit et le "guamachito" fleurit (autre arbre du llano, aux fleurs jaunes) / et la corde (l’attache) se rompt

Caballo le dan sabana porque está viejo y cansao,
pero no se dan ni cuenta que un corazón amarrao
cuando le sueltan las riendas es caballo desbocao.
Y si una potra alazana caballo viejo se encuentra
el pecho se le desgrana y no hace caso a falseta
y no le obedece al freno ni lo paran falsas riendas
.

On laisse aller le cheval (on lui donne l’espace de la "savane", de la plaine, el llano), parce qu’il est vieux et fatigué, / mais on ne réalise même pas qu’un cœur à l’attache / quand on lui lâche les rênes, c’est un cheval emballé. / Et si d’une jument alezane le vieux cheval fait rencontre / sa poitrine se déchire et il n’est plus question d’être attaché / Et il n’obéit plus au mors pas plus que ne le retiennent les rênes.

Cuando el amor llega así de esta manera
uno no tiene la culpa,
quererse no tiene horario ni fecha en el calendario
cuando las ganas se juntan
.

Quand l’amour survient ainsi / personne n’en est coupable, / pour s’aimer il n’y a pas d’heure ni de date dans le calendrier / quand s’unissent les désirs.

Caballo le dan sabana que tiene el tiempo contao
y se va por la mañana con su pasito apurao
a verse con su potranca que lo tiene embarbascao.
El potro da tiempo al tiempo porque le sobra la edad,
caballo viejo no puede perder la flor que le dan
porque después de esta vida no hay otra oportunidad
.

Le cheval, on le laisse aller car son temps est compté / et il s’en va au petit matin de son petit pas pressé / rencontrer sa pouliche qui le tient tout entier. / Le vieux cheval ne peut pas perdre la fleur qu’on lui donne / car après cette vie il n’y aura pas d’autre chance.

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