La Seyne sur Mer

Site de René Merle, historien et écrivain.


Articles récents

  • Ukraine - Cynisme d’un côté de la frontière, mais rédemption de l’autre

    5 janvier 2025, par René Merle

    Un double éclairage sur le traitement médiatique des dérives du recrutement militaire :
    Jusqu’à présent, la bonne presse n’avait pas de mots assez durs pour stigmatiser le recrutement de prisonniers de droit commun par l’armée russe.
    Autre son de cloche quand désormais il s’agit de l’Ukraine…
    Le Figaro, 2 janvier 2025.

  • Notre demain possible...

    4 janvier 2025, par René Merle

    Le monde change à une vitesse stupéfiante, et la vieille prophétie de Soleil vert [1] annonce notre demain possible, quand l’homme aura épuisé toutes les ressources de la terre et qu’il ne saura plus comment nourrir l’humanité dans ce contexte de pollution, d’urbanisation folle, et de vieillissement d’une bonne partie de la population, quand l’homme actuel (qui jadis fit disparaître les autres espèces d’homme) sera allé jusqu’au bout de la disparition des autres espèces. Le démiurge annoncé comme "maître (...)

  • Au nord, c’étaient les corons

    3 janvier 2025, par René Merle

    Nous avons passé le repas de midi du 1er janvier avec notre fille dans son Ehpad. L’après-midi, la direction avait invité un sympathique chanteur animateur qui a fait revisiter aux résidents le foklore français des années 1970-2000, apportant un peu de plaisir et de nostalgie à ces personnes usées par la vie. Certaines chansons étaient plus ou moins reprises en chœur, Aznavour, Sardou, Clo Clo et j’en passe. Mais j’ai eu la surprise émue de voir soudain une grande partie de cette salle de vieux (...)

  • Migrants, Trans... et lutte des classes

    2 janvier 2025, par René Merle

    Je suis loin de partager toutes les opinions d’Alain Finkielkraut, mais ce titre d’un article de ce jour dans le Figaro a réveillé ma vieille méfiance à l’égard de bien des activistes de la gauche extrême comme à l’égard de Belles Âmes pétries d’humanisme : ce qui les rassemble en l’occurrence est la négation de la lutte des classes, et l’impossibilité d’admettre que c’est dans le nouveau rapport conflictuel des classes sociales que se joue l’avenir de notre pays, et non sur ses marges sociétales, aussi (...)

  • En ce début d’année 2025

    1er janvier 2025, par René Merle

    Il est dans l’ordre des choses que les enfants rendent visite à leurs parents quand ceux-ci passent leurs dernières années dans un Ehpad.
    Le destin a voulu que ce soit mon épouse et moi qui devons conforter dans son Ehpad notre fille gravement handicapée et clouée sur un fauteuil roulant.
    Vous comprendrez mieux alors pourquoi, en guise de vœux du premier jour de 2015, je vous adresse la formule rituelle, peut-être banale à force d’être trop usée, mais qui pour nous prend tout son sens : « Et surtout la (...)

  • À propos des valeurs et du programme des Démocrates Socialistes (1849-1851).

    29 décembre 2024, par René Merle

    Dans ma vie active de militant, de citoyen, et de chercheur, la réflexion et la recherche sur la période de la Seconde République, et en particulier sur la résistance au coup d’État de 1851, ont pris une place importante. Je reprends ici un article publié sur le Forum de l’Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines, qui en quelque sorte fait le point sur le regard que je porte sur l’événement :
    En décembre 1851, dans une trentaine de départements, à l’appel de militants (...)

  • Bon Bout d’An

    24 décembre 2024, par René Merle

    Dans un temps, par chez moi, on appelait le "Bout d’an" la courte période qui va de Noël au 1er janvier, et on avait coutume de le souhaiter à ses proches, en ajoutant aussi le traditionnel A l’an que vèn [1] » (À l’an qui vient), sans oublier la formule qui souhaitait conjurer le sort inévitable E se siam pas maï, que siguem pas mens (et si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyions pas moins).
    Ainsi je le souhaite aux lectrices et lecteurs de ce site qui, je l’espère, a pu vous être (...)

  • Écœurement

    23 décembre 2024, par René Merle

    J’étais suffisamment énervé par les spéculations serviles de nos présentatrices, éditorialistes et experts de tout poil, et par les tristes rodomontades de notre Monarque, pour décider de ne plus regarder les infos. Ainsi en alla-t-il ces derniers jours. Je me suis borné à me servir de la télé pour regarder une bonne série, et j’ai utilisé le temps gagné à relire Controverse de Alain Badiou et Jean-Claude Milner, et ma chère Donna della domenica. Mais ce soir j’ai quand même voulu voir ce qu’il en était du (...)

  • Hamlet, des signes annonciateurs du désastre

    23 décembre 2024, par René Merle

    À la charnière des siècles XVI et XVII, Shakespeare, The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark Acte I, scène I
    HORATIO A mote it is to trouble the mind’s eye. In the most high and palmy state of Rome, A little ere the mightiest Julius fell, The graves stood tenantless and the sheeted dead Did squeak and gibber in the Roman streets : As stars with trains of fire and dews of blood, Disasters in the sun ; and the moist star Upon whose influence Neptune’s empire stands Was sick almost to (...)

  • De la servitude volontaire... en régime démocratique

    23 décembre 2024, par René Merle

    « Pour ce coup je ne voudrois sinon entendre comm’il se peut faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurenrt quelque fois un tyran seul, qui n’a puissance que celle qu’ils luy donnent ; qui n’a pouvoir de leur nuire, sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer ; qui ne scauroit leur faire mal aucun, sinon lors qu’ils aiment mieulx le souffrir que lui contredire. » La Boétie, Le discours de la servitude volontaire, 1549.
    Dans les régimes actuels de tyrannie, et ils (...)

  • Jaurès, poèmes

    22 décembre 2024, par René Merle

    J’extrais de l’ouvrage posthume Jaurès, Poèmes, Imprimerie de l’Œuvre, 1921, ces deux textes de jeunesse :
    L’âme de la terre
    Le son émane bien des êtres eux-mêmes, il sort bien des entrailles de la vie ; mais il exprime surtout les aspirations, les mouvements, les tendances de la vie ; il n’exprime pas la vie elle-même et son travail subtil : je veux dire l’élaboration secrète et continue que la vie fait subir aux éléments que lui fournit la terre. C’est là ce qu’expriment les parfums ; ils nous mettent (...)

  • Le monde comme il va. Guerres

    22 décembre 2024, par René Merle

    Je ne partage pas la conception de la laïcité qu’a la pape François, mais je me réjouis toujours de le voir demander l’arrêt des guerres. Mais il en va ainsi sans doute depuis que les guerres existent, et du XIXème siècle à aujourd’hui nous avons eu tant d’appel au retour de la paix… Alors que ces siècles, et particulièrement le XXème, ont sans doute été les plus meurtriers de l’histoire humaine, et les appels pour la paix par des hommes de bonne volonté sont restés lettre morte. Aujourd’hui, nos médias (...)

  • Rappelle-toi Barbara, Prévert, Mouloudji

    21 décembre 2024, par René Merle
  • Des heurs et malheurs du suffrage universel. Seconde République et Second Empire

    21 décembre 2024, par René Merle

    Un bref rappel historique sur la Démocratie
    Les brèves années de la Seconde République, qui virent en France l’apparition du suffrage universel (masculin) ont été à trois égards le laboratoire de l’utilisation de ce suffrage par les forces politiques et sociales antagonistes. Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), le pouvoir et les possédants avaient farouchement refusé le suffrage universel que réclamaient, parfois même dans l’insurrection, les différents courants républicains et socialistes. Avec (...)

  • Du Bellay, sur Lyon

    20 décembre 2024, par René Merle

    Joachim du Bellay, Les Regrets, 1558
    J’ai toujours aimé ce sonnet dans lequel Du Bellay, revenant d’Italie et passant par Lyon où poétisait Maurice Scève, nous présente la si active capitale des Gaules.
    Scève, je me trouvay comme le fils d’Anchise
    Entrant dans l’Elysee, et sortant des enfers,
    Quand apres tant de monts de neiges tous couverts
    Je vy ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.
    Son estroite longueur, que la Sône divise,
    Nourrit mille artisans, et peuples tous divers :
    Et n’en déplaise à (...)

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