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De la majorité présidentielle

mardi 18 février 2020, par René Merle

La gouvernement de la Gauche dite plurielle, dirigé par le socialiste Lionel Jospin, prit une lourde responsabilité en décidant en 2001 l’inversion du calendrier électoral afin que les législatives se tiennent après l’élection présidentielle. Le mandat du Président, rappelons-le, venait d’être ramené de sept à cinq ans.
Le but de cette géniale décision était de faire coïncider le mandat parlementaire et le mandat présidentiel afin d’éviter les cohabitations. Le gouvernement Jospin cohabitait en effet avec le Président Chirac, et notre ambitieux premier ministre était à peu près sûr, dixit les sondages, de l’emporter à l’élection présidentielle de 2002. Et il comptait bien sur « l’effet de souffle » qui conforterait l’élection du Président (loi en l’occurrence) par l’élection sur son nom d’une confortable majorité de députés godillots.
C’était clairement accentuer la prééminence du Président de la République. Ainsi, dans le droit fil de Mitterrand qui, après avoir dénoncé le régime présidentiel, en profita sans scrupule une fois élu, le Parti socialiste et ses alliés [1] commettaient la lourde forte de conforter les institutions peu démocratiques de la Cinquième République.
Las, notre stratège déchanta en 2002, et ne put même pas accéder au second tour.
Après le triste bilan de la présidence Sarkozy, on aurait pu attendre du président Hollande qu’il revienne sur cette disposition. Il n’en a rien été, et c’est l’outsider de la Finance, biberonné par François Hollande, qui le poignarda dans le dos.
L’effet de souffle nous valut alors l’inédite élection d’une massive majorité de députés, recrutés sur leur volontariat et sur leurs CV par la commission Delevoye. Déserteurs du Ps ou de la Droite, et surtout néophytes en quête d’aventure et de reconnaissance ont donc peuplé l’Assemblée et en ont fait une chambre d’enregistrement. Depuis deux ans et demi, la télé nous a infligé la Voix de son Maître par l’intermédiaire de ces députés et surtout députées sortis du néant politique ou du triste reniement.
Mais ne désespérons pas. Comme le déclarait il y a peu leur chef du groupe à propos des député/e/s LaRem : « C’est un repère de talents formidables, une écurie de purs sangs à la robe frémissante ».
Bigre !
Les péripéties de ces dernières semaines, et de ces derniers jours, nous ont permis d’apprécier les talents de ces vaillants coursiers…

Notes

[1Parti communiste, Parti radical de gauche, Mouvement des citoyens, les Verts

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