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Le tweet de Jean-Luc Mélenchon. Des ambiguïtés de La France insoumise

jeudi 10 septembre 2020, par René Merle

Faut-il se méfier de son premier mouvement, ou ce premier mouvement est-il, quelles que soient les corrections ultérieures, l’expression de la vérité de celui qui le fait ?
Ainsi, au lendemain de l’insupportable mise en scène de Mme Obono par Valeurs actuelles, ce tweet invraisemblable (a priori) de Jean-Luc Mélenchon et qui a fait couler beaucoup d’encre :

Mais que faisaient donc Marianne et Charlie dans cet amalgame, sinon que, chacun à sa façon, ils avaient signalé les faiblesses (et c’est un euphémisme) de cette députée de La France insoumise à l’égard de celles et ceux qui substituent au combat de classes le combat de races, et qui, sous couvert de lutte contre l’islamophobie, encouragent des dérives communautaires anti-laïques que la République ne saurait supporter.
Il est vrai, et la dernière rencontre estivale de La France insoumise l’a encore montré (voir la liste des invités), il existe au sein du mouvement une vraie tolérance, et c’est un euphémisme encore, à l’égard des thèmes et des leaders « indigénistes », et d’un pourfendeur du laïque Henri Pena-Ruiz qui avait osé dire : « On a le droit d’être islamophobe », phrase citée hors de son contexte et violemment condamnée [1]
Au moment où Jean-Luc Mélenchon, par un de ces changements de cap dont il est coutumier, va se présenter en candidat 2022 rassembleur de la gauche et de l’écologisme, il semble évident que des clarifications idéologiques seraient nécessaires, en tout cas pour des électeurs lambda (j’en suis) qui, sans être adhérent à La France insoumise ont voté Mélenchon candidat du Front de Gauche en 2012, candidat d’une France insoumise dégagée du clivage droite-gauche, et qui cette fois ne donneraient pas aussi facilement carte blanche

Notes

[1Conférence donnée aux AMFIS, université d’été 1919 de La France insoumise, à Toulouse : « Le racisme, qu’est-ce que c’est ? Mise au point : c’est la mise en question des personnes pour ce qu’elles sont. Mais ce n’est pas la mise en question de la religion. On a le droit, disait le regretté Charb, disait mon ami Stéphane Charbonnier, assassiné par les frères Kouachi en janvier 2015. On a le droit d’être athéophobe comme on a le droit d’être islamophobe. En revanche, on n’a pas le droit de rejeter des hommes ou des femmes parce qu’ils sont musulmans. Le racisme, et ne dévions jamais de cette définition sinon nous affaiblirons la lutte antiraciste, le racisme c’est la mise en cause d’un peuple ou d’un homme ou d’une femme comme tel. Le racisme antimusulman est un délit. La critique de l’islam, la critique du catholicisme, la critique de l’humanisme athée n’en est pas un. On a le droit d’être athéophobe, comme on a le droit d’être islamophobe, comme on a le droit d’être cathophobe. En revanche, on n’a pas le droit d’être homophobe, pourquoi ? Parce que le rejet des homosexuels vise les personnes. On rejette des gens pour ce qu’ils sont, et là on n’a pas le droit de le faire. Le rejet ne peut porter que sur ce qu’on fait et non pas sur ce qu’on est. »

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